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LES PROBLEMES SOCIAUX

Israël, né du partage du territoire palestinien par l’ONU en 1947, est un jeune état marqué par la soudaineté du partage de ses frontières. En effet, la décision soudaine de l’ONU n’a pas entièrement tenu compte de la présence de minorités sur les territoires, d’où un clivage ethnique et religieux prononcé dans le pays, notamment entre minorités juives et arabes. Du point de vue social, le corps social souffre donc de trois principaux clivages1 : ethnique, religieux et géographique.
Le problème vient principalement de l’antagonisme des deux définitions strictes du peuple israélien2 ; en effet on peut soit considérer uniquement la communauté juive, soit inclure tous les habitants du pays, toutes ethniques confondues. La première vision s’explique par le fait que l’état ait été créé pour la communauté juive qui vivait en Palestine, aussi les sondages appuient-ils l’idée que la judéité de l’Etat israélien est importante pour ses habitants. Paradoxalement, la déclaration de l’indépendance de l’Etat semble prendre en compte les autres minorités : « l’État d’Israël assurera la plus complète égalité sociale et politique à tous ses habitants sans distinction de religion, de race ou de sexe … nous demanderons aux habitants arabes de l’État d’Israël de préserver la paix et de prendre leur part dans l’édification de l’État sur la base d’une égalité complète de droits et de devoirs et d’une juste représentation dans tous les organismes provisoires et permanents de l’État. »
 Seulement les inégalités sociales pointent du doigt un sérieux déséquilibre entre les ethnies3 : par exemple, entre 2012 et 2014, les salaires des communautés juives (deux premières colonnes) étaient nettement plus élevés que ceux de la communauté arable (dernière colonne), qui représente pourtant 20% de la population. Même au sein-même de la communauté, les juifs d’Europe occidentale (Ashkénazes) gagnent plus que ceux des communautés d’origine orientale (Mizrahims). 
De même, les communautés arabes ont un accès nettement plus limité à l’éducation, signe d’inégalités sociales.
En toile de fond, les avantages obtenus par les séfarades (branche du Judaïsme) grâce à leur parti politique encourage le clivage ethnique, et pousse à une ghettoïsation volontaire des différentes ethnies1.
 Ainsi le clivage identitaire est-il prononcé : les ethnies ne s’identifient pas à un modèle citoyen particulier, mais à leurs minorités respectives4. De plus, même si Israël n’est pas un état théocratique, seul le mariage religieux est possible (ce qui pousse beaucoup de citoyens à se marier à l’étranger, ce qui favorise le clivage social). Les autres législation religieuses, bien que peu nombreuses, sont également mal reçues de la part des communautés non juives. On en revient à la question posée précédemment : Israël est-il l’Etat des juifs, ou l’Etat juif ? En effet seul le second cas justifie le partage officiel des valeurs juives. Enfin, les idéaux mêmes du ministre actuel des affaires étrangères israélien Avigdor Liberman1 (pour qui le million d’Arabes israéliens devrait être transféré à Gaza, et qui paradoxalement se proclame laïque pour montrer son avis négatif sur l’influence de la religion sur l’état israélien), renforce les tensions entre communautés religieuses, et le sentiment d’exclusion des communautés arabes.
Cette fracture sociale et ethnique a d’importantes conséquences sur le tissu géographique social du pays5 : on distingue en effet une forte densité de population aisée sur la côte, à Tel Aviv et dans la « Silicon Valley » israélienne, contrastant avec les villes dites « en voie de développement » en périphérie comme dans le Néguev ou en Galilée, où le paupérisme est fort.
Ce clivage, à la fois social, ethnique et géographique a des effets géopolitiques marquants, notamment dans les territoires occupés par Israël (en Cisjordanie). En effet, durant le siècle dernier le gouvernement israélien a mené une politique fortement antisociale à travers sa stratégie de « transfert » des minorités palestiniennes 6. L’échec de cette politique a amené le gouvernement à envisager non plus de transférer les palestiniens, mais de les « enfermer » en Cisjordanie, d’où la construction d’un long mur à a frontière. Quid alors des colonies israéliennes en Cisjordanie et dans les autres territoires palestiniens ? Le pays refuse visiblement d’accepter les frontières imposées par le traité de 19677, dont la guerre qui en a résulté a déjà provoqué l’exil de millions de Palestiniens dans les pays frontaliers.
 
Pourtant, dans un classement mondial du progrès social publié en 2013, l’Etat d’Israël apparaît 16e 8. Le progrès social est défini comme « la capacité d’une société à satisfaire les besoins humains fondamentaux de ses citoyens, mettre en place les blocs de construction qui permettent aux citoyens et les communautés d’améliorer et de maintenir la qualité de leur vie et de créer les conditions pour que tous les individus puissent réaliser leur plein potentiel ». Basé sur 50 pays et visant à compléter le PIB des pays, le classement tient compte de divers besoins humains fondamentaux, tels que la nutrition, les soins médicaux de base, l’accès à la connaissance, les opportunités ou la durabilité des écosystèmes. Le PIB d’Israël par habitant sur une base de parité de pouvoir d’achat à $27 825, place Israël au 13ème rang de cette liste de 50 pays. Cela signifie donc qu’Israël est moins performant en termes de progrès social par rapport à sa richesse. En effet il reste le deuxième pays dont les inégalités sociales sont les plus marquées selon un sondage de l’OCDE datant de 20169. Déjà en 2013, L’OCDE soulignait l’augmentation du paupérisme israélien en recensant presque deux millions de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté (un adulte sur trois, un enfant sur quatre)10.

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LES SOLUTIONS

Vient ensuite la question du développement durable social : quelles mesures le pays entreprend-il pour remédier aux clivages ethnique, social et géographique qui le touchent ?
Même si la paix entre Israéliens et Palestiniens apparaît aujourd’hui comme fortement compromise à moyen voire long terme, l’émergence d’une société civile israélienne peut être considérée comme une véritable révolution sociale11, car elle encourage la réconciliation entre ethnies, et prône équité et égalité pour ses citoyens18, à l’image du Centre judéo-arable pour la paix à Givat Haviva, qui vise à « construire une société inclusive et socialement cohésive en Israël en engageant les communautés divisées dans une action collective » selon son directeur Riad Kabha. Cependant, elles ont un rôle de plus en plus politique en raison de l’indifférence (où même la défiance) du gouvernement à l’égard de la détérioration des relations judéo-arabes. Cependant, lorsque ces organisations de la société civiles mettent au point des programmes dont l’efficacité est prouvée, le gouvernement les reprend et les applique. 
Parmi ces programmes, on peut dans un premier temps citer « la langue comme un pont culturel », grâce auquel les classes de cinquième et de sixième de 15 écoles du nord d’Israël ont reçu des cours d’arabe familier. Depuis 2005, le nombre d’écoles concernées par le programme a atteint 200, et s’applique même à des écoles publiques. Ainsi, grâce au programme, 80 enseignants arabes environ enseignent leur langues dans des écoles juives, et réciproquement, 20% des étudiants juifs participent à des rencontres interculturelles avec des étudiants arabes. 
Dans un second temps, le programme « la police dans une société divisée » permet depuis 10 ans de former les policiers israéliens au « contrôle multiculturel », encourageant le dialogue entre policiers (majoritairement juifs) et les minorités arabes.
En outre, Israël est devenue un lieu d’implantation très convoité pour les entreprises de « social tech »12. En effet, selon Cécile Blilious (fondatrice d’Impact First Investments, le premier fonds israélien dédié aux entreprises sociales), plus de 60 start-up israéliennes ont développé des solutions technologiques pour résoudre un problème sociétal » entre 2015 et 2017. Même de la France,  l’entreprise le Comptoir de l’innovation (auto-proclamé premier réseau mondial d’incubateurs et de fonds d’investissement de entreprises de l’économie sociale et solidaire) a implanté l’année dernière une nouvelle structure à Tel-Aviv.
Enfin, encore pour favoriser la croissance économique tout en améliorant les rapports sociaux, l’Etat tente de développer des microéconomies13, comptant sur leur épanouissement pour toucher l’économie (et les mentalités) à plus grande échelle, par exemple avec la mise en place d’entreprises hautes technologies exclusivement réservées aux femmes (puisque celles-ci ne peuvent travailler avec des hommes). Selon Nadine Baudot-Trajtenberg, vice-présidente senior et directrice générale des relations avec les investisseurs de la banque Hapoalim, « ce genre d’initiative, qui permet de surmonter un obstacle culturel important, finit par avoir un impact macroéconomque.» (7)
Ainsi ces différentes innovations sociales et économiques permettent-elles de gommer les fractures sociales tout en respectant la nouvelle ligne de conduite économique du pays, celle des nouvelles technologies.

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